Kokou Ferdinand Makouvia

Kokou Ferdinand Makouvia : Twenty-eight minutes inside, 2016, Photo : Oak Taylor-Smith
© Kokou Ferdinand Makouvia

Qu’est-ce que la matière ? Quelle relation tisse-t-elle avec l’humain ?

Ce sont les questions motrices de ma démarche artistique. Pendant plusieurs années, j’ai développé une pratique de la sculpture et de la performance. Elle est essentiellement basée sur l’exploration spirituelle et plastique de la matière d’abord en tant qu’énergie c’est-à-dire ce qui fait son existence et qui peut être de l’ordre du fétichisme. Ensuite, en tant que substance qui s’impose dans le processus de création comme essence en offrant toute son histoire, sa densité et ses valeurs. Et enfin, en tant que médium, élément de cogitation et de communication avec l’invisible.

D’une manière générale, je travaille le caractère vernaculaire de la sculpture contemporaine en me basant sur la culture traditionnelle Mina (au sud du Togo), mes expériences de voyage et de mes formations artistiques (l’école de rue de Lomé-Togo, l’école classique d’Abidjan-Côte d’Ivoire puis l’École supérieure d’art et de design de Valenciennes et bientôt maintenant celle des Beaux-arts de Paris).

En pratique l’élément en tant que matière m’interpelle. En effet, je prends deux ou plusieurs matières différentes (comme le bois et le caoutchouc par exemple), je procède ensuite par des expérimentations en donnant forme à l’ensemble qu’elles forment. Elles cohabitent, elles se rejettent, elles s’épousent et elles fusionnent. Dans cet état de réaction permanente des matières, la forme créée passe de l’état objet à l’état sujet. Elle respire, se meut, vit et communique. Elle existe désormais et questionne l’humain sur les notions de son existence dans le temps et l’espace.

Son portfolio