Alexandra Lœwe

Alexandra Lœwe : Resting Corpus, 2008
© Alexandra Lœwe

Le fil noir d’une bobine qui se déroule. Une goutte d’encre soufflée sur une partition. Un maillage numérique recouvrant peu à peu une vidéo. La ligne est omniprésente dans le travail d’Alexandra Lœwe. Elle passe d’un médium à un autre, change de matière, elle structure ou perturbe, devenant ainsi expressive et non plus seulement organisatrice. Tantôt droite tantôt courbe, parfois brisée, elle crée des angles, fait des nœuds. Elle est à la fois trait et fil, pensée et phrase, mais avant tout, chemin.Car l’œuvre de cette artiste est une quête de soi qui explore les arcanes du souvenir, du corps, de l’inconscient et du langage. La ligne y est un fil d’Ariane qui guide le regard du spectateur dans les méandres d’une réflexion protéiforme où les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être. Mythe et intime, rêve et cauchemar, violence et bouddhisme se mêlent en une déconstruction généralisée et offrent une image nouvelle, seule capable de rendre compte des tourments et interrogations de l’âme de l’artiste.

Alexandra Lœwe : Once Upon A Time BrickHouse, 2011
© Alexandra Lœwe

À la recherche de son être, Alexandra Lœwe emprunte quatre chemins principaux. Elle remonte à l’enfance pour comprendre d’où elle vient et sur quelles bases elle s’est construite. Elle explore son inconscient – à travers ses rêves et son intimité – pour comprendre qui elle est malgré elle. Elle écoute son corps, donne la parole à sa part d’animalité puis rétablit un équilibre entre toutes ces facettes d’elle-même en se tournant à nouveau vers le monde. Un apaisement surgit alors de la sensation de faire partie d’un Tout : la nécessité de connaître son identité profonde perd son caractère d’urgence.

Il est parfois difficile de lier les œuvres entre elles, d’en avoir une vision d’ensemble car elles se font écho, croisent leurs thèmes et leurs significations. La ligne – formelle, symbolique, conceptuelle, de fil, de graphite, d’encre ou de sang – est à l’image du travail de l’artiste : multiforme et pourtant pointant toujours dans une direction, se déroulant sans cesse pour progresser vers son but.

Alexandra Lœwe est représentée par la Galerie Pierre-Alain Challier.

Alexandra Lœwe : Deflorare, 2011
© Alexandra Lœwe